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Pourquoi et comment détendre la nuque de votre cheval?

Je vais aujourd’hui m’atteler à un sujet qui a déjà fait couler bien de l’encre, mais pour limiter la longueur de mon article et atteindre son objectif principal, à savoir proposer des outils que tout un chacun peut utiliser pour le confort de son cheval, je compte aborder surtout les techniques de massage et de shiatsu qui vont permettre une décontraction de cette région corporelle extrêmement sollicitée et malheureusement trop souvent en tension.

Sans doute en avez-vous déjà entendu parler vous aussi ?

Cession de mâchoire…. salivation…. décontraction de la nuque…. tension de la ligne du dos…. détente du corps entier…. dans un ordre…. puis dans l’autre…. avec un mors absolument…. possible sans fer dans la bouche…. tout ça et encore bien d’autres choses ont été pensées, dites, écrites, partagées, appliquées…. trop souvent, cependant, sans s’interroger.

Mon expérience équestre m’a un jour amenée à m’intéresser au dressage de la Légèreté, celui qui nous guide vers une relation que j’aime qualifier de « centaurique », où l’intimité ressentie, tant au niveau des corps que des Cœurs, des Âmes des deux partenaires, est telle que l’observateur externe ne détecte plus aucun indice sur celui qui « mène la danse ».

Merci tout d’abord à ma « mie centaurique », mon Compagnon Diabolo, qui n’est plus là physiquement aujourd’hui, mais qui m’a conviée à cette « danse » et invitée, au travers de son terriblement long épisode de boiterie, à m’intéresser à une manière de travailler « différente » des dogmes reçus jusqu’alors.

Ce sont évidemment mes chevaux qui m’ont ouverte à cette équitation subtile, et chaque fois que je ressens cette sublime connexion, je leur suis infiniment reconnaissante.

Chaque pas que je réalise en ce sens te fait vivre encore et toujours.
Chaque acte que je pose dans cette voie fait vibrer notre relation, nos découvertes, notre symbiose…. en licol…. et ensuite en cordelette…. partout…. en toutes circonstances.
De tout mon Cœur, de toute mon Âme, merciiii, Didiiii ! <3

Merci également à mon Complice Ravel, avec lequel j’ai découvert un peu plus et appliqué plus que jamais les principes de l’équitation dite « naturelle », ainsi que ceux du Bauchérisme, de l’Ecole de la Légèreté de Philippe Karl, de grands noms tels que Michel Henriquet, Jean d’Orgeix etc.
C’est avec lui aussi que j’ai pris quelques cours par ci par là, avec des « célébrités », dont un élève du Maître Nuno Oliveira.
J’ai beaucoup appris, et j’ai surtout appris à ne plus recevoir sans m’interroger.
Un jour, cet élève du Maître m’a dit que pour lui, il était impossible d’atteindre la Légèreté SANS un mors dans la bouche du cheval…. c’est principalement à partir de ce moment-là que j’ai continué ma route, notre route de façon autonome.

Après avoir mis un mors…. et même deux (car oui, la bride, c’est également « indispensable », dans certains milieux! 🙁 )…. dans la bouche de mon bel étalon ébène, alors que je montais en tous lieux et en tous temps sans mors avec Diabolo, j’en suis venue à me demander pour quelle raison je n’y arriverais pas avec lui.

Ce que j’ai évidemment accompli par la suite avec Ravel.

shiatsu animaux


J’ai fait la promesse (à Diabolo sans doute <3 ) que lorsque j’éduquerais mes nouveaux Compagnons équins, je tâcherais de me passer totalement du mors.

Ce magique effet d’ensemble, cette « cerise sur le gâteau » de la Légèreté, cet « é-ki-libre » sans cesse en mouvement, encore plus quand cela est obtenu sans aucun artifice dans la bouche de mes très chers, est l’un des plus doux instants que cette vie m’offre.

Voilà qui est fait…. avec Beau-M (5 ans)…. avec Sweetie (4 ans)…. et tous deux m’offrent à nouveau des opportunités de me poser des questions, d’avancer sur le chemin de l’écoute, du dialogue et de la relation authentiques.

Qu’en est-il de cet « effet d’ensemble », de la « disponibilité » du cheval dans cette fabuleuse « Légèreté » ?

Faut-il vraiment passer par le mors pour obtenir la cession de mâchoire, et ensuite, donc, la décontraction de la nuque, elle-même prémisse de la détente du corps  tout entier?

Ou est-ce l’inverse ?
Est-ce qu’un corps détendu dans le travail amène une décontraction de la nuque, se répercutant elle-même à la tête toute entière et ainsi également à la mâchoire ?

Je parlais, en début d’article, de mon expérience équestre.
Bien entendu, je n’ai pas éduqué « tous les chevaux du monde », et mon expérience n’est pas aussi large que celle de beaucoup !
Je ne partage donc mon avis qu’humblement et celui-ci n’engage que « moi »…. & ces chevaux qui m’accompagnent.

Eh bien, ma petite expérience donc m’oriente vers la deuxième explication.

Je précise que je ne suis nullement « contre » le mors…. ni même la bride.

Je suis néanmoins d’avis, par modeste expérience, qu’ils sont souvent source, même dans la main la plus experte et la plus douce qui soit, d’un certain degré de « stress » pour le cheval.

Pour moi donc, ce n’est pas le mors (pour autant qu’il soit utilisé « équi-logiquement »!) qui amène la cession (et décontraction) de mâchoire.
Mais c’est parce qu’il est placé dans la bouche du cheval qu’il est nécessaire de chercher la cession (et décontraction) de mâchoire.

N’oublions pas que si l’on vise une « décontraction », c’est qu’il y a (eu) tension…. cqfd.

Pour en revenir à mes « jeunes », ils sont tout à fait opposés, dans leurs corps et dans leurs têtes.

Le premier, de tempérament plutôt craintif voire anxieux (élément Eau), est fin, vif, léger, la tête souvent « dans les étoiles ».

Le second, de nature plutôt tranquille et épicurienne (élément Terre), est massif, bien ancré, parfois lourd, la tête davantage collée au sol…. ou à l’herbe, ha ha.

Le travail de l’un et de l’autre est dès lors totalement différent.

Beau-M doit sans cesse être rassuré, décontracté, travaillé « vers le bas ».

Sweetie doit au contraire être « réveillé », pour qu’il « se tienne » et ne tombe pas sur les épaules voire trébuche.

Malgré ces différences extrêmes, je leur trouve cependant au moins un point commun à travailler en priorité : leur NUQUE.

Pour Beau-M, il importe de s’occuper directement de la région de la nuque.

Pour Sweetie, par contre, il convient plutôt de se concentrer sur l’arrière-main, et le bassin tout spécialement.

D’un point de vue biomécanique et neuromusculaire, la nuque , c.-à-d. le sommet du crâne (l’occiput), ainsi que la première cervicale (l’Atlas) sont en effet intimement liées avec le bassin (le sacrum).

Ce sont les deux extrémités de la colonne vertébrale, le long de laquelle court entre autres le méridien Vessie (voir l’article et la vidéo sur le travail du dos du cheval), et qui est en relation, via les nerfs qui s’y trouvent et les muscles que ceux-ci commandent, avec le corps du cheval dans sa globalité.

Vous comprenez donc ainsi que tout « travail » sur la zone de la nuque et de la première cervicale (articulation atlanto-occipitale) va avoir un effet sur tout le corps, et sur l’arrière-main en particulier, et qu’une tension dans le bassin ou les jarrets, par exemple, a sans nul doute un impact sur la région de la nuque !

Toute contraction au niveau de la nuque, qu’elle soit musculaire et/ou mentale et/ou consécutive à un traumatisme (le cheval joue ou s’agite et se cogne la tête, tire au renard, chute lors d’un saut etc.), entraîne un dysfonctionnement dans le reste du corps du cheval.
Et à l’inverse, toute tension, où qu’elle se trouve dans le corps du cheval, se répercute dans sa nuque.

Par ailleurs, la nuque est une zone particulièrement délicate aussi du fait de sa position et de son importance vitale.

Le cheval, encore plus s’il est de nature craintive, comme Beau-M, par exemple, a constamment besoin d’analyser son environnement, au cas où un danger surviendrait et qu’il devrait fuir.

Il a donc souvent la tête en l’air, les oreilles à l’affût du moindre bruit.

Comme déjà dit ci-dessus, la crainte, l’angoisse sont en rapport, en médecine chinoise (shiatsu), avec l’élément Eau.
Et cet élément est également en lien avec les oreilles…. cqfd.

Vous qui côtoyez les chevaux savez que plus le cheval est prêt à bondir, à fuir (élément Eau), plus ses oreilles sont « vibrantes ».

Inviter ce cheval à détendre la nuque, qui est « instinctivement » à l’affût, prête à bondir, « sous tension » donc, à abaisser l’encolure, à décontracter tout son corps est un travail de très trèèès longue haleine…. et de confiance mutuelle, essentiellement.

Travailler pour détendre cette région chez ce type de chevaux , ou avec des chevaux ayant subi des traumatismes (chocs, chutes etc.) est doublement ardu, mais une fois un résultat obtenu, il en devient deux fois plus gratifiant aussi.

Parmi les exercices faciles que vous pouvez réaliser vous-même avec votre cheval, en voici quelques-uns :

Tout d’abord, il est important de commencer à détendre la région.

Placez-vous face à l’encolure de votre cheval, à hauteur de sa tête.
Déposez une main au niveau de sa nuque, juste derrière ses oreilles.
Prenez cette zone entre votre pouce et vos doigts et massez très délicatement afin de sentir si des endroits sont tendus.
Si c’est le cas, ne forcez pas.
Massez doucement, lentement, progressivement.
Massez « avec votre Cœur dans la main ».
Si vous utilisez trop de force musculaire, le cheval risque de se tendre encore plus, ce qui est le contraire de l’effet recherché.
Progressivement, le cheval va amener la tête et l’encolure vers le bas (flexion de la nuque).

Le « oui »

Après la détente préalable, le cheval est maintenant dans une attitude horizontale.
Une main reste sur sa nuque.
L’autre (la main de travail) se place à plat sur son chanfrein, quelques centimètres au-dessus des naseaux, toujours avec une extrême douceur.
Avec cette main sur le chanfrein, amenez celui-ci vers son encolure, en veillant à garder sa tête bien dans l’axe de l’encolure.
Prenez garde aussi à ce que le cheval ne recule pas, ce qui serait probablement une fuite de sa part face à l’exercice demandé.
Tenez le mouvement quelques secondes.
Ensuite, placez la main de travail sous la mâchoire inférieure du cheval.
Ne l’attrapez pas avec vos doigts, ne la serrez pas, mais permettez-lui juste de se poser sur votre main.
Avec celle-ci, invitez délicatement le cheval à lever le nez vers le ciel, en veillant à garder sa tête bien dans l’axe de l’encolure également.
Prenez garde aussi à ce qu’il ne lève pas trop vite et/ou brutalement la tête ni ne recule.
Pour que l’étirement soit réussi, le cheval doit accompagner votre suggestion, et non la fuir ou l’anticiper.
Gardez l’étirement quelques secondes.

Le but de ces exercices est qu’il se détende en s’étirant et qu’il mobilise l’articulation atlanto-occipitale, avec un effet sur son corps tout entier, comme vu précédemment.

Le « non »

Toujours dans un contexte de décontraction, placez-vous cette fois à côté du cheval, le regard dans la même direction que le sien, un bras passant sous son encolure pour aller poser à plat sur sa ganache votre main de soutien.
L’autre main (de travail) se place, du côté de votre corps, à plat sur le bout du nez du cheval.
Faites toujours preuve d’une extrême délicatesse, tout spécialement avec les chevaux plus âgés, qui protègent instinctivement plus leur bouche et leurs dents.
Invitez le cheval, avec cette main de travail, à tourner la tête vers l’autre côté.
Veillez à observer méticuleusement la nuque pour vous assurer que ce n’est pas toute l’encolure qu’il déplace, mais uniquement l’articulation atlanto-occipitale.

Certains chevaux, et principalement ceux dont l’articulation dont il est ici question est bloquée, échappent à l’exercice en offrant une latéroflexion des cervicales plus basses.
Le mouvement ne doit pas être hyper ample.
Au contraire, il est souvent réussi s’il est plus petit, preuve que c’est bel et bien la nuque qui a été mobilisée.

Ensuite, changez la position de vos mains de soutien et de travail.
La main de soutien, qui était sur la ganache de l’autre côté, vient se positionner sur le bout du nez du cheval (de l’autre côté par rapport à celui où vous vous trouvez) et devient ainsi la main de travail.
La main de travail, qui était sur le bout du nez du côté où vous vous trouvez, vient se placer sur la ganache, de votre côté, et devient ainsi la main de soutien.
Suggérez exactement le même mouvement que celui décrit ci-dessus.
Cette fois, le cheval va tourner la tête dans votre direction.
Observez à nouveau s’il mobilise bien la nuque (et pas l’encolure) !

Le « potage »

Gardez la position à côté de lui comme dans l’exercice précédent (le « non »).
Prenez son nez dans vos deux mains de manière extrêmement délicate.
Invitez-le à réaliser de petites rotations en imaginant que vos deux mains tiennent une cuiller et « remuent le potage » (cette technique a ainsi été nommée par Liz Eddy, en anglais « Stir the porridge »).
Quelques rotations dans un sens.
Et puis, quelques-unes dans l’autre sens.
Chaque fois avec l’intention de mobiliser la nuque et l’articulation atlanto-occipitale (et pas l’encolure!).

Relâchement et libération des tensions

Une fois le cheval décontracté par les exercices précédents, vous devriez pouvoir lui offrir votre « cerise sur le gâteau » du relâchement et de la libération des tensions de la nuque.

Placez-vous cette fois face à lui.
Proposez-lui de placer sa tête sur l’une de vos épaules.
Fléchissez les genoux, le dos bien droit et présent.
D’un geste doux et lent, placez le plat de vos mains de chaque côté de l’encolure, sur les cervicales basses, juste devant les épaules.
Soyez vous-même extrêmement détendu.
Pensez à respirer lentement et régulièrement.
Idéalement, votre respiration se synchronise avec celle du cheval.
Déplacez ensuite vos mains le long des cervicales, en remontant très doucement, très délicatement, très lentement sur chaque cervicale et ce, jusqu’à l’arrière des oreilles.
Lorsqu’en cours d’étirement, vous sentez que le cheval commence à prendre appui sur vous, à se faire de plus en plus « lourd » (détendu) sur votre épaule, reculez tout aussi délicatement d’un pas afin qu’il poursuive l’extension de son encolure et étire ainsi les muscles de son dos.

Cet exercice est l’un des plus beaux cadeaux que vous puissiez offrir à votre cheval car il lui permet :

– de soulager l’articulation atlanto-occipitale du poids (énorme !) de la tête et de l’encolure

– de dénouer les tensions des cervicales hautes, ainsi que des muscles et des tissus conjonctifs situés dans cette charnière

– d’harmoniser la circulation d’énergie dans ses six méridiens Yang et, de ce fait, de soulager les tensions, tant physiques que psychiques, dans ses viscères.

Dans cette position d’extrême décontraction, votre cheval peut évacuer des tensions de longue durée ou profondément ancrées, dont il ne pourrait très certainement se libérer tout seul.

Vous devrez sans doute procéder petit à petit, d’une part pour être vous-même à l’aise avec ces techniques, d’autre part pour que votre cheval vous fasse suffisamment confiance pour se laisser aller.
N’abandonnez pas.
Avancez pas à pas, l’un avec l’autre, main dans la main, Cœur à Cœur…. <3 <3

 

Bonne route !

 


Et n’hésitez pas à me poser vos éventuelles questions ou à nous rejoindre lors d’une journée de stage sur le shiatsu de relaxation. 🙂

 


Au plaisir du partage….

 

 

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